MA DÉMARCHE.

IL N'Y A PAS DE COÏNCIDENCE.

l a   g e n è s e

 

Depuis toute petite, quand je lisais ou j’écoutais quelqu’un parler, je visualisais complètement le contenu. Si le contexte m’était inconnu, mon cerveau l’inventait pour compléter « le film ». Longtemps j’ai pensé que tout le monde « voyait » des livres, des paroles, des dialogues. Mais non. Et amplifier chaque mot entendu ou lu, « voir » constamment tout, peut être pesant et fatigant ou encore très enivrant et stimulant, si le contenu tend vers la joie. 

 

Mais quand je peins de l’abstrait, je ne vois plus rien. Ce sont les seuls moments où je n’ai aucune image dans la tête, la seule qui existe est devant moi, sur le papier. Je suis dans le moment présent...  « l’éternel moment présent » et je peins. Où suis-je? En ondes alpha certainement, voire en ondes thêta ou encore gamma, dans un rêve lucide.

 

Ce qui m’a interpellée à plusieurs reprises, c’était que je pouvais peindre un tableau et bien longtemps après et dans un autre lieu très éloigné - sa suite, toujours abstraite, sans faire intentionnellement la relation, bien entendu. Ou encore peindre un tableau abstrait, puis me rendre compte qu’il révélait une expérience, une rencontre, un son, un souvenir, un désir.

 

Je me suis toujours intéressée à la mémoire (collective ou individuelle) ou encore à la représentation de l'image dans le dessin d'enfant, mais ici et maintenant, je comprends qu'accéder au subconscient pour créer (une peinture abstraite par exemple) est un champ de potentiels incroyables.


Je pratique la méditation. Elle me permet encore plus de transcender « l'image » et cela influence mon travail. Cela m’intrigue. Je m’instruis sur le sujet entre les écrits et les pratiques. Je m’intéresse ainsi au lien entre la neuroscience et l’art abstrait (la réduction dans l’art abstrait et le stimuli cérébral tels qu’évoqués par Eric Kandel) et à l'expérimentation de l’inconscient et de ce processus de création de l’art abstrait.

 

i l   n ' y   a   p a s   d e   c o ï n c i d e n c e


Mes peintures reflètent « le mouvement », il est la métaphore de la vie, il est son sens même. Cherche-je à transcender ce moment présent, saisir cet instant où tout bascule, où le changement du regard se manifeste soudainement ?


Mon travail tend vers une immersion instantanée que je souhaite transmettre au spectateur. Ses représentations amplifient ses rêves, il s'élève au-delà de l'image observée. Ma peinture l'emmène dans des paysages insoupçonnables, il verra parfois ceux des fonds marins ou encore des villosités intestinales, un dessous, un intérieur et une intimité toujours plus surprenants que la réalité. Le spectateur voyage, il cherche, il devine, il se devine, il se stimule, c'est une introspection qui le transforme entièrement.


u n   r ê v e   é v e i l l é


« ... pouvoir rendre la vision intérieure, l'ouïe du rêve (tous les sens supposés, et ceux-là encore du supposé) réceptifs et tangibles comme des sens tournés vers l'extérieur je choisis ces sensations là (et au lecteur d'en imaginer d'autres semblables) parmi celles que l'amateur cultivant l'art de se sentir soi-même parvient, une fois exercé, à pousser à leur paroxysme pour qu'elles communiquent une idée concrète et suffisamment proche de ce que je veux exprimer » , Fernando Pessoa, Le livre de l'intranquillité, 1988

Jelena Stamenković

2019_composition_oil pastel_paper_15x21

Sans titre

Jelena Stamenković

2018 et 2019

pastel à l'huile sur papier 15 x 21 cm chacun

 

Mémoire et inconscient dans le processus créatif
Ces deux tableaux ont été réalisés à six mois d'intervalle, dans deux villes et pays différents,
sans avoir eu l'intention consciente de les composer ou connecter
Il n'y a pas de coïncidence

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